L’alcoolisme touche des millions de personnes à travers le monde, et une question revient fréquemment : est-ce une maladie transmise par les gènes ou un comportement appris ? Si certaines personnes semblent plus vulnérables à l’alcool que d’autres, est-ce le fruit de leur environnement ou leur biologie qui les prédispose à la dépendance ?
Dans cet article, nous allons explorer les découvertes scientifiques sur l’héritabilité de l’alcoolisme, les facteurs génétiques en jeu et l’interaction entre la génétique et l’environnement.
L’alcoolisme et l’hérédité : que disent les études ?
Les recherches sur la génétique de l’alcoolisme ont montré que la dépendance à l’alcool n’est pas uniquement liée à des choix personnels, mais qu’elle peut être influencée par des prédispositions biologiques.
Des études sur des jumeaux et des familles ont révélé que l’alcoolisme est héritable à environ 50-60 %. Cela signifie que, bien que la génétique joue un rôle significatif, elle n’est pas le seul facteur déterminant.
Par exemple, des études sur des jumeaux monozygotes (identiques) montrent que si l’un des jumeaux souffre d’alcoolisme, l’autre a environ 50 % de risques de développer la même dépendance. Ce chiffre descend à 25 % pour les jumeaux dizygotes (fraternels), ce qui confirme l’impact des gènes.
De même, les études sur l’adoption ont montré que les enfants biologiques de parents alcooliques élevés dans des foyers sobres ont toujours un risque plus élevé de développer une dépendance que ceux n’ayant pas d’antécédents familiaux.
Quels sont les gènes impliqués ?
Plusieurs gènes ont été identifiés comme étant liés à la consommation d’alcool et au risque de dépendance. Parmi les plus étudiés, on retrouve :
- Le gène ADH1B et ALDH2 : Ces gènes codent pour des enzymes impliquées dans le métabolisme de l’alcool. Certaines variations génétiques rendent l’élimination de l’alcool plus lente ou plus rapide, influençant ainsi la tolérance et la consommation.
- Le gène GABRA2 : Il affecte le fonctionnement du GABA, un neurotransmetteur clé dans l’effet relaxant de l’alcool.
- Le gène DRD2 : Associé au système de récompense du cerveau, ce gène joue un rôle dans la manière dont une personne ressent le plaisir lié à la consommation d’alcool.
Ces variations génétiques n’entraînent pas forcément une dépendance, mais elles peuvent augmenter la sensibilité à l’alcool et influencer la manière dont une personne réagit aux effets de cette substance.

L’influence de l’environnement : un facteur clé
Bien que les prédispositions génétiques puissent rendre une personne plus vulnérable à l’alcoolisme, l’environnement reste un facteur clé dans le développement de la dépendance.
1. L’éducation et le cadre familial
Les enfants grandissant dans un foyer où l’alcool est omniprésent ont plus de risques d’adopter les mêmes comportements. Ce phénomène est dû à la normalisation de la consommation et à l’apprentissage par mimétisme.
2. Le stress et les traumatismes
Des expériences difficiles durant l’enfance, comme les abus ou la négligence, augmentent considérablement le risque de consommation problématique à l’âge adulte. L’alcool est souvent utilisé comme un moyen d’auto-médication face aux troubles anxieux et dépressifs.
3. La pression sociale et le mode de vie
Les groupes sociaux et la culture jouent un rôle énorme. Dans certaines sociétés où la consommation d’alcool est valorisée, la probabilité de développer une dépendance est plus élevée.
Dans cet article, nous explorons comment repérer les comportements d’alcoolisme chez un proche et réagir efficacement.
Peut-on prédire qui deviendra alcoolique ?
Même avec une prédisposition génétique, il est impossible de prédire avec certitude qui développera une dépendance. Le développement de l’alcoolisme repose sur une combinaison complexe de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
Certaines personnes ayant des antécédents familiaux évitent totalement l’alcool par précaution, tandis que d’autres sans aucune prédisposition peuvent développer une dépendance suite à un stress prolongé ou une forte exposition à l’alcool.
Peut-on surmonter une prédisposition génétique ?
Bonne nouvelle : même avec une prédisposition génétique, il est tout à fait possible d’éviter ou de surmonter l’alcoolisme. Voici quelques stratégies :
- Être conscient de son risque : Une personne ayant des antécédents familiaux doit être particulièrement attentive à sa consommation.
- Éviter les situations à risque : Limiter l’exposition aux environnements où l’alcool est omniprésent peut réduire la tentation.
- Adopter des stratégies de gestion du stress : Méditation, thérapie, activités sportives… autant d’alternatives qui permettent d’éviter l’alcool comme échappatoire.
- Chercher du soutien : Que ce soit auprès de professionnels ou de groupes de soutien, parler de ses préoccupations peut faire une réelle différence.
Des organismes comme Santé Publique France offrent des ressources précieuses pour ceux qui cherchent à comprendre et à agir face à l’alcoolisme.
Conclusion : Une interaction entre gènes et environnement
L’alcoolisme n’est ni totalement génétique, ni totalement environnemental. Les prédispositions biologiques existent et peuvent rendre certaines personnes plus vulnérables, mais elles ne condamnent pas à la dépendance. L’environnement, les expériences personnelles et les choix de vie jouent un rôle tout aussi crucial.
Comprendre ces mécanismes permet d’adopter une approche plus éclairée et de prendre les bonnes décisions, que ce soit pour soi-même ou pour ses proches.