Il y a des histoires qu’on ne choisit pas de raconter. Elles s’imposent à nous, comme une vague qui ne cède jamais. Ma vie avec Antoine, mon compagnon depuis dix ans, en est une. Antoine n’était pas toujours alcoolique. Lorsque nous nous sommes rencontrés, il était un homme ambitieux, drôle et rempli de rêves. Mais quelque chose s’est brisé en lui, un jour que je ne parviens plus à identifier clairement.
Les premiers signes ignorés
Tout a commencé par de petites habitudes qui semblaient anodines. Un verre de vin pour décompresser après le travail, un apéritif prolongé lors des dîner entre amis. Mais très vite, ce qui était un simple plaisir est devenu une nécessité. Les excuses s’accumulaient : « C’est juste une période stressante » ou « Tout le monde fait ça, non ? ». En écoutant ses justifications, je ne voulais pas voir ce qui était évident.
Un matin, je me suis réveillée pour trouver plusieurs bouteilles vides sur la table de la cuisine. Ça n’était plus un simple verre pour se détendre, c’était devenu un mode de vie. À ce moment-là, une partie de moi savait que notre histoire allait changer.

Comprendre sans juger
Vivre avec un alcoolique, c’est jongler entre espoir et impuissance. On veut aider, on veut croire que chaque jour peut être différent, meilleur. Mais il y a une chose que j’ai apprise au fil des années : on ne peut pas sauver quelqu’un qui ne veut pas se sauver lui-même.
Je me suis souvent remise en question. « Ai-je fait quelque chose de mal ? » ou « Est-ce que je l’encourage sans le savoir ? » Ces questions, je sais maintenant, ne mènent nulle part. L’alcoolisme d’Antoine n’était pas ma faute, et je devais l’accepter avant de pouvoir avancer.
> « L’amour ne suffit pas toujours à guérir une blessure invisible. Mais il peut offrir un écho d’espoir. »
Trouver des ressources et un équilibre
Il m’a fallu beaucoup de temps pour chercher de l’aide à l’extérieur. Les groupes de soutien, comme ceux proposés par Al-Anon, m’ont ouvert les yeux sur la co-dépendance. J’ai appris à poser des limites, à prendre soin de moi sans culpabilité.
Aujourd’hui, Antoine suit un traitement. Le chemin est encore long, et je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve. Mais ce que je sais, c’est que vivre avec un alcoolique m’a changée. Cela m’a rendue plus forte, plus résiliente.
Ressources utiles
– Groupes Al-Anon : Soutien pour les proches d’alcooliques.