janvier 15, 2026
Jeune personne assise seule dans sa chambre la nuit, son père alcoolique flou en arrière-plan, symbolisant l'impact familial de l'alcoolisme.

Père alcool : Quand l’alcool prend la place du père

Un père est censé être une figure stable, un pilier sur lequel on peut s’appuyer. Mais quand l’alcool s’immisce dans son quotidien, il devient une présence incertaine, parfois absente, parfois trop encombrante. Grandir avec un père alcoolique, c’est apprendre à jongler entre l’amour, la colère, l’incompréhension et, souvent, la peur. C’est aussi un combat silencieux que beaucoup d’enfants et d’adultes portent longtemps en eux, même après avoir quitté le foyer familial.

L’instabilité du quotidien

Les jours avec mon père étaient imprévisibles. Certains soirs, il rentrait tôt, blaguant avec nous, plein d’énergie et d’histoires. D’autres fois, il franchissait la porte tard dans la nuit, titubant, incapable d’aligner une phrase cohérente. Ce n’étaient pas tant les soirs bruyants qui me faisaient peur, mais les silences. Ces moments où il s’asseyait, le regard perdu, enfermé dans une bulle d’alcool et de solitude.

Vivre avec un père alcoolique, c’est apprendre à décrypter chaque bruit de clé dans la serrure, chaque intonation de voix. C’est s’adapter en permanence, osciller entre l’envie de l’aider et celle de fuir. Et c’est surtout ce sentiment oppressant que quelque chose d’invisible et incontrôlable dirige la maison.

L’impact sur la famille

L’alcoolisme ne touche pas qu’une seule personne. Il s’infiltre dans les relations, brise la communication et crée un climat de tension permanent. Dans mon cas, ma mère tentait de compenser, jouant le rôle de deux parents à la fois, tandis que moi, je m’efforçais d’être un enfant sans faire de bruit.

Les non-dits sont devenus notre mode de fonctionnement. Nous ne parlions pas vraiment du problème, comme si le fait de l’ignorer pouvait le faire disparaître. Mais l’alcoolisme ne disparaît pas par le silence, il grandit dans l’ombre, rongeant la famille de l’intérieur.

Dans ce témoignage, j’ai retrouvé cette même douleur, cette même difficulté à mettre des mots sur ce que l’on ressent face à un proche alcoolique.

Comment se reconstruire ?

Il m’a fallu du temps pour comprendre que je n’étais pas responsable. Enfant, on cherche souvent à justifier les actes d’un parent, à croire que si l’on était plus sage, plus compréhensif, les choses changeraient. Mais l’alcoolisme est une maladie, pas un choix conscient qu’un enfant peut influencer.

Se reconstruire passe par plusieurs étapes :

  • Accepter que l’on ne peut pas sauver son père à sa place. C’est une bataille qu’il doit mener lui-même.
  • Exprimer ses émotions. Parler à quelqu’un, écrire, consulter un thérapeute : tout est mieux que garder cette douleur enfermée en soi.
  • Se permettre d’avoir une vie propre. L’ombre de l’alcoolisme parental ne doit pas empêcher de construire des relations saines et un avenir libéré de ce poids.

Des ressources comme Drogues Info Service permettent d’obtenir des conseils et un accompagnement pour ceux qui, comme moi, ont grandi avec un parent alcoolique.

Et après ?

Aujourd’hui, mon père lutte toujours contre ses démons. Parfois, il essaie d’arrêter, parfois il rechute. Ce n’est pas une histoire avec une fin parfaite. Mais moi, j’ai appris à vivre sans attendre son changement. J’ai compris que son amour ne se mesurait pas à ses erreurs, et que je pouvais avancer, avec ou sans lui.

Si vous avez grandi avec un père alcoolique, sachez ceci : vous avez le droit de guérir. Vous avez le droit de ne pas porter un fardeau qui n’est pas le vôtre. Et surtout, vous avez le droit de vivre votre propre histoire, loin des fantômes du passé.

 

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