janvier 15, 2026
Dépendance

Quand l’amour se heurte à la réalité

Comment j’ai découvert que mon conjoint était dépendant à l’alcool.

Ayant quitté le père de mon fils, le weekend j’allais donc chez LUI. Est-ce le traumatisme de tout ce que j’ai vécu, mais en y réfléchissant à l’écriture de cet article, je n’ai pas le souvenir d’une seule semaine, d’un seul weekend où il n’y ait pas eu de disputes liées à l’alcool.

En semaine quand j’étais à Paris, on s’appelait le midi sur sa pause du boulot. Là tout se passait très bien, on parlait de tout et de rien, des discussions normales de couple, enfin je pense… Il me répétait que je lui manquais, qu’il avait hâte à vendredi et hâte que je termine ma formation. Je l’interrogeais souvent sur la sincérité de ses sentiments car j’avais tout plaqué pour lui et il me répondait que ca faisait déjà plus d’un an qu’il attendait après moi donc que je n’avais pas le droit de douter de lui.

« On se bipe vers 22h, le temps que je décompresse et je serais à toi ma belle ! »

Arrivaient ensuite les fins de journées… Je savais en général à quelle heure il finissait le travail et je n’avais qu’une envie c’était de l’avoir à nouveau au téléphone. Envie qui ne semblait pas partager car à chaque fois j’avais le droit à « On se bipe vers 22h, le temps que je décompresse et je serais à toi ma belle ».

« Le temps que je décompresse… »

Je n’avais pas encore bien compris ce que cela signifiait mais à 22h , quand j’arrivais enfin à le joindre car il ne répondait pas forcément tout de suite alors que moi je vivais accrochée à mon téléphone, sa voix n’était pas la même que le midi. Il s’en explique toujours quand je lui dis qu’il parle bizarrement : le boulot, le stress, la fatigue, des grosses journées, je lui manque.vivre alcoolique

On pouvait rester des heures au téléphone et pourtant alors que tout se passait « plutôt bien », tout à coup, en une fraction de seconde, le ton de la discussion finissait par basculer, sans aucune raison. En un éclair on passait du bonheur à l’enfer.  Et aussi vite qu’il s’était mis en colère, il retombait dans le calme en s’excusant et me couvrant de mots doux avant qu’on ne raccroche pour dormir. L’impression d’avoir eu deux personnes différentes au bout du fil.

Les weekends , tous les soirs on buvait l’apéro. Normal, on était content de se retrouver donc il voulait fêter ca avec moi donc au départ je n’y voyais pas de mal, même si je trouvais qu’il buvait quand même en assez grande quantité. Je me disais que c’était exceptionnel, que c’était le weekend.

Rapidement les choses se mettent à déraper et je me rends compte que ce que je prenais pour une consommation festive ne l’est pas du tout. Etant fumeur il s’isolait fréquemment dans son garage pour fumer et je m’aperçois que chaque cigarette est accompagnée dune bière et ce peut importe l’heure. Donc le weekend la consommation d’alcool commençait tôt et se finissait tard. Du coup le lendemain il était trop fatigué pour faire quoi que ce soit et passait son temps devant ses séries qu’il regardait en boucle sans me demander si ça m’intéressait ou non. Je ne disais rien car je n’étais pas chez moi et je voyais bien que mon avis ne comptais pas.

« Ce n’est pas pour une bière »

Quand je lui faisais remarqué sa consommation d’alcool, il me disait « ce n’est pas pour une bière », en plus c’était de la bas de gamme donc c’était « de la limonade », et c’était pas comme s’il buvait du « Pastis ou du Whiskey ».

Tous les weekend il allait faire ses courses chez un grossiste en alcool et revenait avec 3 ou 4 pack de bières bas de gamme, quelques bouteilles de 75cl de meilleures qualité et quelques canettes de la célèbre bière aromatisée à la tequila, « son péché mignon ». Et sinon pour le reste de courses… un bout de fromage et un peu de charcuterie.

Je commençais à me dire qu’il y avait un problème mais ne saisissais pas encore son ampleur. Et de toute façon j’avais tout quitté pour lui et je l’aimais donc je n’avais pas d’autres choix que d’accepter cette situation. Et après tout elle n’était pas si dramatique, il y a pire ailleurs non?

 

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